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Antiracisme

A propos du racisme et de l’antiracisme

lundi 18 mai 2015, par ocl-lyon

Depuis le 7 janvier, et même avant, le pouvoir nous joue une comédie indécente sur le thème du racisme. Il se prétend le représentant officiel de l’antiracisme et de la tolérance, il prétend légiférer et sanctionner contre le racisme. Ce serait à en rire si la longue liste des crimes racistes d’Etat ne nous faisait pas plutôt pleurer, Ali Ziri, Wissam El Yamni, Zied et Bouna... liste déjà trop longue et qui ne cesse de se rallonger.


Ce discours est obscène, mais il est surtout nuisible. En effet, les mots perdent alors tout leur sens, ce qui rend notre combat encore plus difficile. Et le premier de ces dévoiements, c’est la hiérarchie qui est faite entre les racismes. Le pouvoir a été très prompt à dégainer contre tous ceux qui seraient suspects de sympathie pour les frère Kouachi, mais à notre connaissance aucune réaction islamophobe n’a été sanctionnée, et elles ont pourtant été répandues. Les medias se sont précipités en Seine-Saint-Denis pour traquer les éventuels perturbateurs de la minute de silence, mais aucun ne s’est précipité en PACA pour s’interroger sur les réactions racistes qui ont pourtant été nombreuses. Cet antiracisme officiel de façade remplit des fonctions bien précises. En terme de politique intérieure, il s’agit de masquer la question sociale en la racialisant (ça a d’ailleurs été de tous temps une des fonctions du racisme). Le pouvoir ne peut pas affirmer clairement qu’il gouverne contre le peuple, les exploités. Il désigne alors des « barbares », des « anti-républicains », suspects d’être une nouvelle cinquième colonne. De tous temps, les classes laborieuses ont été désignées comme classes dangereuses. Il remplit aussi une fonction de légitimation de la politique extérieure. Non, la France n’est pas un pays impérialiste qui envoie ses troupes faire régner l’ordre à travers l’Afrique et le Moyen-Orient, ce n’est pas le fidèle bras droit de la politique impérialiste américaine, ce n’est pas le soutien inconditionnel du colonialisme sioniste, vous faîtes erreur. La France « défend la démocratie, la liberté d’expression contre la barbarie à travers le monde. » C’est d’ailleurs déjà le discours qui était tenu du temps de la colonisation, présentée comme une mission de civilisation.

Un racisme d’Etat

La violence policière s’exerce d’abord contre les roms, les arabes et les noirs. La situation des roms est particulière : ils sont pourchassés depuis des siècles, victimes rarement rappelées du génocide. Les persécutions qu’ils subissent aujourd’hui sont sans nom, et se font avec l’assentiment tacite de presque tou-te-s. Les plus visibles dans l’espace public sont à la fois nomades (souvent par contrainte) et étrangers (éventuellement sans papiers), ce qui les expose à la fois aux autorités et à l’exclusion de la société, mais la violence policière s’exerce contre tous, comme nous le rappelle le triste exemple de M. Gurême, cet ancien résistant rescapé des camps de 89 ans, matraqué dans sa caravane.

Le racisme contre les arabes et les noirs, comme tous les racismes, est solidement ancré dans notre histoire. On peut le qualifier de racisme colonial, bien que ce soit un peu rapide : il faut aussi y ajouter la longue histoire de l’esclavage et du code noir qui l’accompagnait, et l’ombre des croisades qu’on croyait oubliées et qui ressurgissent aujourd’hui.

39-45 a marqué une rupture dans l’histoire du racisme. La barbarie nazie a montré jusqu’où il pouvait mener. Après la Libération, il n’était plus possible de s’affirmer ouvertement raciste, du moins pour les autorités. Enfin, n’exagérons rien. Dans un premier temps, ce qui n’a plus été possible, c’est de s’affirmer antisémite ; d’où sans doute cette curieuse séparation entre racisme et antisémitisme. A la base, l’antisémitisme n’est qu’une variante du racisme. Pourquoi dit-on “contre le racisme et l’antisémitisme” ? Parce que l’antisémitisme ne serait pas un racisme ? Ou parce que l’on peut être raciste du moment qu’on n’est pas antisémite ? Enfin, encore une fois, n’exagérons pas trop : les rescapé-e-s n’ont pas été indemnisé-e-s, logé-e-s, nourri-e-s etc, ce qui pourtant aurait bien été un minimum. Rappelons que des familles de rescapé-e-s ont dût faire des procès pour récupérer leurs enfants ou neveux ou nièces, procès qu’elles n’ont pas toujours gagnés, et qu’il a quand même fallu attendre le “règne” de Chirac pour que l’Etat français commence à reconnaître une part de responsabilité. Mais bon, progressivement, l’antisémitisme est devenu malséant dans la bonne bourgeoisie, milieu où il était autrefois particulièrement virulent. (1)

Pour le reste, tant que la colonisation a perduré, on a continué à utiliser le terme d’indigène, ce qui veut tout dire. On passera sur les multiples termes racistes qui étaient encore très utilisés dans les années 70 pour observer que c’est la victoire des luttes anticoloniales qui a obligé les autorités à modérer leur vocabulaire. Et que le racisme affiché est devenu progressivement scandaleux (encore que, rappelons les odeurs qui incommodaient tant Chirac) au fur et à mesure que les « jeunes issus de l’immigration » ont affirmé leur existence. Il a bien fallu alors admettre que la France était plurielle et que la “république” accepte du bout des lèvres de reconnaître ces enfants comme les siens.

Bref, aujourd’hui, on ne peut plus officiellement être raciste.

C’est alors que le terme d’islamophobie est commodément apparu dans la foulée des attentats du 11 septembre. Normalement, l’islamophobie désigne la haine et le rejet de l’islam. En fait, c’est un terme commode derrière lequel peuvent se réfugier tous les racistes : je ne suis pas raciste mais il faut reconnaître que l’islam représente un danger pour notre civilisation. Ce discours est tenu jusqu’au sommet de l’Etat. Ou plutôt, c’est plus subtil que ça. Des discours islamophobes sont tenus au sommet de l’Etat et gravés dans le marbre de la loi. Mais la ficelle est un peu grosse, il est évident que l’islamophobie est une forme de racisme, lequel est interdit par la loi jusque dans notre constitution. Donc, simultanément, l’Etat tient des discours islamophobes et s’en défend, séparant les bons musulmans républicains (2) des autres. Progressivement, l’autre nom du racisme devient la laïcité, ce qui est là encore un dévoiement impressionnant. Car enfin, comment le « principe de séparation dans l’Etat de la société civile et de la société religieuse » peut-il être brandi pour interdire la pratique d’une religion particulière ? Une des nouveautés est que ce racisme déguisé sous le terme d’islamophobie permet ainsi d’embrigader derrière lui une partie de la gauche selon la logique binaire suivante : si vous êtes pour l’émancipation des femmes vous ne pouvez objectivement pas défendre les expressions d’une religion servant de justificatif à leur oppression.

Quel que soit sa variante, quelles que soient ses formes, qu’on l’affirme ouvertement ou qu’on le cache sous d’autres termes, le racisme est bien une hydre qui ressort invariablement et qui tue. Et il y a bien un racisme d’Etat qui s’exprime parfois dans les déclarations mais surtout dans les violences policières, impunies par définition même de la police, qui détient le monopole de la violence légitime, du moins dans les Etats « démocratiques ». Ce racisme est consubstantiel à notre système. Tant qu’il y aura un pouvoir, il divisera pour mieux régner.

Le racisme joue aujourd’hui un rôle particulier. Ce sont les jeunes prolétaires des banlieues que la police assassine. Ce sont les habitudes culturelles, les tenues vestimentaires, les interdits alimentaires de populations des quartiers défavorisés qui sont bannis . On a proclamé la fin de la lutte de classes, la disparition de la classe ouvrière. Mais il suffit de parcourir les cités dortoirs des grands ensembles pour constater qu’elle n’a pas disparu. Le racisme est un moyen commode de brouiller les pistes. Le racisme d’Etat contre les jeunes issus de l’immigration (y compris antillaise), c‘est d’abord le racisme de la bourgeoisie contre le prolétariat, l’expression de son mépris et de sa peur mélangés. Les discriminations contre ces jeunes sont aussi le reflet de la crainte d’une partie des classes moyennes de les voir leur prendre une part du gâteau, puisqu’ils peuvent maintenant passer le bac. Dévaloriser leurs diplômes, la qualité de leur formation, c’est un autre moyen de les exclure.

Et ce brouillage marche, et très bien d’ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il s’appuie sur des divisions réelles, parce qu’il rencontre un écho populaire, et d’une façon très perverse.

Une évolution inquiétante

A la base, les choses semblent pourtant simples. Le racisme, quelles que soient ses variantes, est un moyen de nous diviser. Il a toujours été le meilleur moyen d’opposer les exploité-e-s entre eux et elles. Et notre antiracisme a une base de classe. Nous ne nous intéressons ni aux origines ni aux apparences. Nous nous battons pour l’émancipation, la fin de l’exploitation. Le racisme crée des catégories qui ne sont fondées ni sur ce que nous faisons, si nous vivons de l’exploitation des autres ou non, ni sur le rôle que nous jouons, si nous participons volontairement à la domination ou non, mais sur ce que nous sommes, nos origines raciales ou ethniques, nos orientations sexuelles, notre sexe, nos croyances... Le capitalisme utilise le racisme comme modalité d’exploitation. Il s’est toujours appuyé sur l’existence de populations dominées pour aggraver l’exploitation de tous : noirs contre syndicalistes blancs aux Etats-Unis ; hommes contre femmes la première moitié du 20ème siècle en France ; français-es contre immigré-e-s et sans-papiers aujourd’hui et depuis toujours. C’est cela qui lui donne une grande force. Car effectivement, ces catégories ne sont pas dans les mêmes conditions d’exploitation en termes de salaires, de qualifications, de conditions de travail... Ce qui en retour donne une base matérielle à l’implantation du racisme chez les exploité-e-s. C’est pourquoi la lutte contre le racisme est une lutte perpétuelle. C’est pourquoi aussi c’est lors de mouvements sociaux qu’il recule.

Mais un phénomène nouveau a fait son apparition à partir du début des années 80, et dont on peut remercier la gauche d’ailleurs : c’est l’ethnicisation de la lutte sociale. Il y a eu de grandes grèves d’OS dans l’industrie automobile dans les années 70. Ces ouvriers, généralement syndiqués CGT, étaient très souvent immigrés, souvent musulmans. C’était l’époque du slogan « français immigrés, même patron même combat ». Il y a eu de grandes grèves dans l’industrie automobile dans les années 80. C’était les mêmes ouvriers, toujours généralement syndiqués CGT, toujours très souvent immigrés, toujours souvent musulmans. Mais ils ont commencé à être désignés non plus comme CGT mais comme musulmans. Pierre Mauroy lui-même a initié ce tournant, qualifiant une grève à Peugeot de « grève des ayatollahs ». Il y a eu plus tard les jeunes de banlieue dénoncés comme casseurs y compris dans les milieux militants lors de manifestations lycéennes et étudiantes. Derrière le travailleur immigré, on voyait le syndicaliste, on suspecte maintenant l’islamiste. Les jeunes révoltés des quartiers populaires sont devenus « des jeunes issus de l’immigration ».

Au fur et à mesure que la conscience de classe recule, les choses ne font que s’aggraver. Ces catégories construites par le pouvoir sont maintenant reprises par tous, et brandies comme des identités naturelles. On ne parle plus de racisme mais d’islamophobie alors même que ce racisme concerne tous les ex-colonisés d’Afrique, musulmans pour certains mais chrétiens pour d’autres. Du coup, on emploie maintenant le terme de négrophobie pour désigner le racisme dont sont victimes les noirs, africains ou afro-américains, indépendamment de leur religion. On ne parle plus de lutte sociale, mais on se demande plutôt qui souffre le plus. Et là est la force du pouvoir. En reprenant systématiquement les catégories de nos ennemis, en nous égarant dans des discussions sans fin sur la question de savoir lequel parmi les racismes est le plus virulent, le plus urgent à combattre, nous perdons d’avance. Le pouvoir pourra toujours trouver des catégories délaissées à surexploiter, des groupes discriminés à opposer contre les autres.

Cette concurrence des souffrances est très habilement utilisée par le pouvoir. Bien sûr que lorsque des actes antisémites sont montés en épingle pour être dénoncés, tandis que le racisme contre les roms et les immigré-e-s peut s’exercer en toute impunité, il y a de quoi sortir de ses gonds. Bien sûr que cela peut provoquer un racisme en retour s’appuyant sur le soupçon largement répandu chez beaucoup que les juifs dirigeraient le monde… « d’ailleurs, la preuve... » Le pouvoir entretient ainsi un antisémitisme de base qui de toutes les façons ne le dérange pas ; qui est beaucoup moins dangereux pour lui que la prise de conscience sociale. Et le jeu va plus loin…

Il reste toujours des groupes d’extrême-droite pour utiliser ce sentiment diffus et le complotisme pour s’implanter dans les quartiers populaires (donc à forte composante immigrée). L’extrême-droite est fondamentalement raciste. Il y a bien sûr une extrême-droite sioniste, en partie au pouvoir d’ailleurs en Israël, et en lien avec l’extrême-droite classique, voire bien reçue par le pouvoir actuel. Il y a aussi une extrême-droite qui utilise les théories du complot (dans lesquelles les juifs sont rarement absents) pour s’implanter et faire progresser ses idées dans un milieu qui lui était a priori hostile. N’oublions pas les succès de la journée du retrait de l’école, de la manifestation pour tous et le basculement d’un certain nombre de communes traditionnellement communistes. Ces théories du complot et ce ressentiment antijuif trouvent aussi un appui important dans ce qui se passe au Moyen Orient, dans la barbarie des interventions militaires occidentales, dans l’impunité dont jouit l‘ Etat d’Israël, dans le retour de la dictature en Egypte... qui alimentent le sentiment d’une persécution antimusulmane. C’est oublier qu’Al Qaida est le fils illégitime de la CIA. C’est oublier que l’islamisme a d’abord été caressé dans le sens du poil pour servir les intérêts américains avant de devenir les nouveaux ennemis publics n°1. Même si leurs créatures leur échappent, l’important pour les puissances occidentales, c’est d’abord de maintenir leur domination et donc d’empêcher le réveil d’une conscience anti-impérialiste. Et aujourd’hui, l’extrême-droite fait son sale boulot en surfant sur un sentiment, certes compréhensible, pour s’implanter dans un milieu qui lui fut jusqu’ici très hostile, les milieux populaires.

La situation est grave. En se cachant derrière l’islamophobie, le racisme désigne tous les ex-colonisés comme musulmans, quelles que soient leurs croyances. C’est bien le propre du racisme que d’enfermer des populations dans des catégories qui ne sont pas les leurs. Mais en réponse, en refusant d’utiliser le terme de racisme pour désigner ce phénomène en le remplaçant par celui d’islamophobie (de la même façon d’ailleurs que le terme de capitalisme a disparu au profit de celui de libéralisme), on renforce cet enfermement, on dénonce à juste titre les discriminations dont l’islam est victime, mais on participe du même processus d’enfermement que notre adversaire. En accréditant l’idée que c’est une religion qui est pourchassée, on contribue à nier la dimension sociale du phénomène, sa dimension de classe. Pire, on renforce les aspects réactionnaires qui sont des obstacles à notre combat. La droite, qui est très certainement raciste, et tout particulièrement islamophobe, cette même droite prête à imposer le porc dans les cantines, a accueilli les musulmans à bras ouverts dans ses « manifs pour tous », et s’est ensuite appuyée sur ce mouvement pour gagner des communes dans des territoires traditionnellement « communistes ». Et aujourd’hui, le communisme quelles que soient ses variantes a disparu de l’horizon comme utopie émancipatrice, et se voit supplanté par l’islam (et un retour des religions en général). La boucle est bouclée. Le pouvoir a utilisé l’islamophobie pour stigmatiser les exploité-e-s, qui se sont alors pour certain-e-s tourné-e-s vers celui-ci comme forme de résistance, et vers une variante de l’islam qui draine particulièrement d’aspects réactionnaires. En 1936, quelques jeunes révoltés sont partis exprimer leur révolte dans les brigades internationales lors de la guerre d’Espagne. Aujourd’hui, c’est vers Daesh et autres qu’ils-elles se tournent, et même indépendamment de leurs origines (les ex-Kevin et autres Nathalie ne sont plus des exceptions parmi les « martyrs »).

Nous devons combattre le racisme sous toutes ses formes sur une base de classe. Nous devons le combattre parce qu’il nous divise. Nous devons le combattre parce que viscéralement nous refusons d’être enfermés dans des origines, des croyances, des pratiques. Nous n’accepterons jamais que des êtres humains soient assassiné-e-s pour le simple fait d’exister, et c’est pourquoi nous refusons aussi bien l’antisémitisme que le racisme dominant. Ce qui nous unit, c’est notre combat contre l’exploitation et la domination, et non l’appartenance à telle ou telle communauté. C’est pourquoi nous ne rentrerons jamais dans une concurrence malsaine des souffrances. Et nous avons conscience que sur le chemin de notre combat, nous devons lutter contre un ensemble d’idéologies réactionnaires ; que ce n’est pas en caressant les idées réactionnaires dans le sens du poil, ou en fermant les yeux à leur sujet, que nous avancerons. Nous avons une réflexion à mener sur les bases du racisme, sur ce qui le rend si populaire, sur pourquoi les idées d’émancipation reculent largement, et cette réflexion est urgente.

OCL Paris

1) Rappelons qu’une bourde de Raymond Barre après l’attentat de la rue des Rosiers (“qui visait des Israélites et a tué des Français innocents”) a coûté pas mal de voix à Giscard lors de sa défaite contre Mitterrand.

2) Qui sont perpétuellement sommés de prouver qu’ils le sont bien.

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1 Message

  • Communiqué du collectif des Libertaires contre l’Islamophobie 26 aout 2016

    Nous assistons ces derniers jours à une recrudescence des actes islamophobes et racistes. La cause directe de ces agressions, c’est le débat stérile à propos du "burkini" qui a mené à des arrêtés municipaux interdisant cette tenue de bain. Les verbalisations désormais concerne les femmes portant le hijab à la plage : les photos de la femme verbalisée et contrainte à retirer son voile à Cannes ont choqué au delà des frontières de la France. Pourtant, ça n’a pas empêché nos réactionnaires notoires de continuer dans la même direction. Encore une foi le corps des femmes est soumis à un contrôle de l’état, quand elles ne sont pas tout simplement victimes d’agressions.

    Le prétexte donné à ces politiques réactionnaires, c’est la lutte anti-terroriste ; le "burkini" serait un vêtement « incompatible avec les valeurs de la République » selon Manuel Valls. Ce débat apparaît suite aux tueries de masses d’Orlando et de Nice revendiquées par Daesh, apparemment de manière opportuniste. Il apparaît aussi dans un contexte où l’état d’urgence a été prolongé de 6 mois, et où les perquisitions arbitraires chez les musulmans un peu trop « visibles » reprennent de plus belle. L’objectif de l’Etat et de ses médias n’est pas d’apaiser le débat mais de répondre à des logiques belliqueuses.

    A côté de cela, on dépolitise la question du terrorisme en occultant complètement le contexte géopolitique dans lequel Daesh prospère, occultant nos graves responsabilités guerrières et impérialistes faisant croire que ce n’est qu’une question de religion, ce qui suffit à justifier l’islamophobie, l’état d’urgence, et la perte des libertés individuelles.

    Il faut aussi se rappeler que ces polémiques stériles permettent de minorer les informations telles que la promulgation de la loi El Khomri qui a provoqué un énorme mouvement social ces derniers mois ou par exemple la proposition de loi par des sénateurs de gauche afin de cumuler plus de mandats.

    De plus, les élections présidentielles approchant à grand pas, ces débats futiles nous rappellent dangereusement la campagne islamophobe de Sarkozy en 2012 et ne laissent présager rien de bon pour l’année qui vient.

    A l’islamophobie d’Etat, s’ajoute la négrophobie d’Etat comme on a pu le constater avec la mort d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité par des gendarmes. Malgré les révoltes que ce n-ième crime raciste a provoquées dans les quartiers populaires, le procureur s’obstine à mépriser la famille d’Adama en ne dévoilant pas les circonstances exactes de sa mort.

    Le climat raciste s’exacerbe au sein même des populations, comme en témoignent la mort de Zhang Chaolin à Aubervilliers, les agressions de Roms à Marseille ou l’assassinat d’un imam aux États-Unis.

    Si ce climat raciste doit tous nous préoccuper, c’est parce que nous avons conscience que le racisme profite aux capitalistes, les discriminations soumettant à la précarité et divisant les classes populaires, mais il profite aussi aux élites politico-médiatiques qui construisent leurs carrières sur ces tensions.

    C’est pourquoi nous appelons tous les acteurs du mouvement social et notamment anti-loi travail à rompre le silence et à s’engager sur les questions qui touchent plus violemment les quartiers populaires comme l’islamophobie et les violences policières.

    • Stop à l’islamophobie et à toutes les violences racistes, et en premier lieux le racisme d’état et ces crimes policiers !
    • Stop à la politique guerrière et impérialiste de la France, et levée de l’état d’urgence !
    • Finissons-en avec le capitalisme, l’État et les instruments politiques et économiques de ceux qui profitent constamment du racisme et des discriminations.

    https://blogs.mediapart.fr/enavant/...

    Voir aussi :

    https://quartierslibres.wordpress.c...

    http://www.bboykonsian.com/Libertai...

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